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CELUI QUI MENA SON PEUPLE A LA LUMIERE

 

 
 
LE DERNIER LEADER ARABE 
 
de Serge Enderlin 
 
Vendredi 12 novembre 2004 
 
 
Il était le dernier des géants arabes. Figure contestable, mais figure tutélaire. Chef terroriste devenu représentant légitime d'une nation virtuelle. Yasser Arafat concentrait les aspirations à l'affirmation identitaire de tout le monde arabe, voire de la planète musulmane. Il personnifiait cette lutte des Palestiniens pour un Etat, cause prioritaire aux quatre coins de l'Oumma. Qui peut aujourd'hui prétendre remplacer l'icône?  
 
Saddam Hussein en cellule, les regards se tournent vers le raïs du Caire, Hosni Moubarak. Sauf que le président égyptien, en fin de parcours politique, n'a jamais pu, n'a jamais su, se doter d'une aura transfrontalière à l'image de son prédécesseur Sadate. Le colonel Kadhafi, maître du poker stratégique et (autrefois) des coups tordus, aurait éventuellement pu enfiler le costume s'il ne venait d'avaler sa casquette: les pétroliers américains se bousculent désormais dans les grands hôtels de Tripoli.  
 
Qui, alors? Abdallah II, le roi de Jordanie? Bachir el-Assad, l'homme fort de Damas? Le premier est encore trop tendre, et beaucoup trop aligné sur les Etats-Unis – comme l'est «M6», le souverain marocain. Le second, président syrien, est en vérité un homme faible, otage de ses services secrets. Resteraient bien les pétromonarques du Golfe, à commencer par le prince régent Abdallah d'Arabie saoudite. Leur légitimité arabe tiendrait toutefois mieux la route si leur pouvoir était davantage indexé sur le soutien de leurs opinions publiques que sur le cours du baril.  
 
Paris ne s'y est pas trompé, qui a honoré hier le départ de la dépouille mortelle d'Arafat avec la pompe républicaine réservée aux plus grands. L'Elysée a ainsi démontré qu'il avait toujours tenu le vieux chef palestinien pour un interlocuteur obligé pour une solution au conflit israélo-palestinien, et non pour le problème.  
 
Et s'il fallait vraiment, aujourd'hui, trouver à Arafat un remplaçant pour la «rue arabe», ce serait forcément celui-ci: un homme longiligne, barbu, qui se déplace de nuit entre l'Afghanistan et le Pakistan. 
 
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Modifié en dernier lieu le 13.11.2004
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